Comme un athlète préparant la haute compétition, le manager méthodique schématise son plan de travail hébdomadaire pour s’assurer que toutes les cases seront bien cochées à l’arrivée.
Parce que courir est difficile, courir tout le temps est impossible. Il faut, en permanence, ajuster son rythme aux aléas des événements.
En athlétisme, dans un marathon ou dans un sprint, l’allure est importante. Il faut courir vite, voire très vite même parfois, selon la discipline.
Mais dans tous les sports, le succès repose sur le triptyque : départ, effort et finition.
La sagesse nous instruit, depuis la nuit des temps, que rien ne sert de courir vite, il faut savoir partir à point. Débuter à l’heure est donc décisif. Le faux départ est quasiment banni dans toutes les disciplines sportives. Sa sévère sanction traduit une volonté de lutter contre la triche. L’éthique sportive veut que les règles du jeu soient observées erga omnes. Personne n’a le droit de s’arranger une longueur d’avance. De confisquer le sifflet pour retarder le top départ. Histoire de mieux s’organiser pour pouvoir faire face à ses adversaires. Le calendrier des jeux olympiques, d’hiver ou d’été, de la jeunesse ou des adultes, est figé pour les décennies à venir…
L’athlète qui évite le piège du faux départ et maîtrise son allure a de fortes chances de franchir la ligne d’arrivée. C’est exaltant et gratifiant, parfois, mieux que le résultat du chrono.
Franchir la ligne d’arrivée suppose obligatoirement de courir dans la bonne direction. « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va » disait Sénèque.
Quelle que soit la vitesse, un faux départ et une course dans le mauvais sens n’assurent pas la victoire… mais aggrégent des efforts vains.
Dans une course de relais, la posture de chaque Passeur est déterminante. Le passage du temoin est fatidique. C’est le signe de la générosité dans l’effort pour une belle victoire collective. Le don de soi pour l’équipe.
Gare à l’athlète qui veut confisquer le témoin et finir seul la course. La tentation est grande pour le coureur, ayant atteint sa vitesse de croisière, de vouloir poursuivre sa course. D’abandonner ses coéquipiers pour assouvir une envie personnelle de gloire. Les médailles, les primes et le podium créent un désir irresistible. Semblable à celui d’un homme possédé qui veut se libérer des esprits maléfiques.
La procédure d’adoption d’une loi de finances (initiale, rectificative ou de réglement) est semblable à une course de relais à trois.
Le Ministère chargé de l’économie, des Finances, du Budget et vu Plan (MEFP), après conception et préparation, passe le relais à la Présidence pour sa présentation et son adoption en Conseil des ministres avant que celui ci ne refile le dernier relais, pour son examen et son vote à l’Assemblée Nationale.
Longue et haletante aura été la folle course du PLFR 2026 dans ce relais… après faux départ et course dans le mauvais sens. Les commentateurs neutres y auront perdu leur crédibilité.
La distance entre le MEFB (avenue Carde x rue Réné Ndiaye), la Présidence de la République (Palais de la République, sis au Boulevard de la république) et l’Assemblée nationale (Place Sowéto) tient environ sur 2000 mètres (2km) . Il aurait simplement suffit 20 minutes chrono à un sportif, vétéran de 45 ans, à marche lente, partie à temps du MEFB, en passant par le Palais, pour déposer le PLFR sur la table du bureau de l’assemblée nationale.
Sachant que le PLFR 2026 a été officiellement déposé et réceptionné par l’Assemblée nationale le 18 septembre 2026 alors qu’il a été adopté en Conseil des ministres du 17 juin 2026, il aura donc fallu presque 100 jours (94 pour être plus précis, équivalent à 2.256 heures soit 135.360 minutes) pour qu’il franchisse enfin la ligne d’arrivée.
Sacrée performance. Certainement un records olympique absolu qui inspire une jeunesse sénégalaise prête à accueillir le monde…
Un bon usage des outils numériques et digitaux… confectionnés par des matheux, en pleine possession de leur capacité intellectuelle et de leur libérté de pensée, adossée à une communication de vérité assurée par une parole rare, véridique et de bonne foi aurait permis une arrivée dans les délais…
Plus sérieusement, je reviendrai, en mode expert (fiscaliste) et/ou curieux des finances publiques dans des analyses et commentaires de fond sur le PLFR 2026…
Bon début de semaine sous la protection divine.
Élimane Pouye
Inspecteur des impôts sur le chemin du retour d’exil fiscal
