Ce samedi 05/09/2026, j’ai compris.
Ce n’étaient pas des femmes qui portaient des fleurs, c’étaient des fleurs qui se portaient elles-mêmes.
Elle choisit son bouquet comme on choisit sa prière, le tient contre elle, non comme un objet, mais comme un enfant.
Avec cette précaution sacrée, car elle sait ce qui est vivant se fane vite, surtout à côté de ce qui ne sait pas le regarder.
Elle porte dans ses bras sa propre douceur, le geste qu’elle aurait voulu recevoir.
Elle s’offre à elle-même ce que personne n’a pensé à lui offrir. Et c’est à la fois magnifique et déchirant.
Car une femme sait qu’une fleur ne vit pas posée dans un coin et oubliée.
Elle sait qu’il faut arroser, protéger, faire attention. Elle sait que la beauté est une discipline.
Alors messieurs, méditez quand vous voyez une femme porter ses propres fleurs.
Une fleur ne coûte pas cinq euros, mais une intention, elle dit je te vois, tu comptes pour moi.
Une femme peut tout s’acheter seule, mais elle ne devrait jamais avoir à s’offrir seule ce qui est le symbole même qu’on pense à elle.
L’abondance ne vient pas quand on retient, mais quand on donne. Plus tu serres, plus tu perds en baraka.
Être généreux avec celle que tu aimes, ce n’est pas t’appauvrir. C’est t’enrichir.
Car tout est éphémère, et ce qui est vivant a besoin d’attention maintenant, pas à l’hôpital, pas au cimetière, quand il est trop tard.
Doudou Sarr Auteur-Écrivain
