La réplique pimentée de Aicha Sagne Pastef Les Patriotes a Ndeye Fatou Mbodj après sa Sortie Quand le mensonge devient un outil de blanchiment…

Ma sœur Ndeye Fatou Mbodjie,
Je viens d’écouter une partie de votre émission et, franchement, j’ai entendu beaucoup de choses que je ne peux pas laisser passer.

Premier point : ce que vous dites est faux et archi faux.
Vous dites que vous ne croyez pas, contrairement à ce qu’affirment certains, qu’il y ait une pression exercée sur des personnes pour les pousser à rejoindre le parti présidentiel. Pourtant, beaucoup de personnes ont reçu des appels de certains ministres et de membres de l’entourage du Président pour leur demander de rejoindre le parti présidentiel. Les gens l’ont vécu.
Moi-même, je vais encore raconter mon histoire, parce que je suis obligée de la répéter pour faire taire certains mensonges.
J’ai reçu plusieurs appels pour me demander de rejoindre le parti présidentiel. J’ai catégoriquement refusé.
À la fin,ils m’ont proposé une direction. Et là encore, j’ai catégoriquement refusé.
Et même pour plaisanter, je lui ai demandé : « Mais vous là, vous voulez me donner quel poste ? »
Lorsqu’il m’a donné le nom de la direction, je me suis rendu compte que la personne qui l’occupait était une camarade de parti avec qui j’ai cheminé.
Je lui ai alors dit : même si je devais choisir d’aller avec vous, jamais je n’accepterais de prendre le poste d’une camarade de parti avec qui j’ai cheminé.
Parce qu’en acceptant ce poste, j’aurais eu le sentiment de reconnaître qu’elle avait plus de convictions que moi.
Il m’a dit qu’on pouvait me donner une autre direction, ce que j’ai catégoriquement refusé.
Avant de raccrocher, il m’a demandé d’y réfléchir avant de prendre une décision.
Si ce que vous dites est vrai, alors expliquez-nous ce qui justifie le limogeage de 87 DG et PCA en une seule vague, après plusieurs vagues précédentes.
Vous voudriez nous faire croire que tout cela n’a absolument aucun rapport avec des pressions politiques ?

Deuxième point : j’ai entendu dire que la « tête pensante » de Pastef serait partie.
Je vous rappelle que tout ce que vous dites n’est pas vrai. C’est faux.
Votre mentor était peut-être simplement la « tête pensante » du clanisme, des manœuvres et des stratagèmes, mais rien de plus.
La plus grande tête pensante, c’est d’abord notre leader Ousmane Sonko, ainsi que toutes celles et tous ceux qui se sont battus et qui sont restés à ses côtés.
Je peux notamment citer Birame Souleye Diop, à qui votre mentor a manœuvré pour prendre son poste de premier secrétaire général du parti, lui qui en avait posé les bases solides. Il faudrait rappeler toutes les bonnes choses qu’il avait accomplies avant l’arrivée de votre mentor qui n’a absolument rien de son poste de SG.
D’ailleurs, je veux simplement vous rappeler que votre mentor n’a été secrétaire général que quelques mois, même pas six, avant son arrestation. Alors, arrêtez de nous raconter des balivernes.

Troisième point : vous dites que vous ne devez rien à Ousmane Sonko.
Ma sœur, permettez-moi de vous le dire franchement : c’est de l’ingratitude.
Si aujourd’hui vous détenez un décret qui vous a placée à la tête d’une institution, vous devez cette situation à une histoire politique dont Ousmane Sonko est un acteur central.
Et cela vaut pour tous ceux qui bénéficient aujourd’hui d’un décret présidentiel, à commencer par votre mentor, Bassirou Diomaye Faye.
S’il est aujourd’hui Président de la République, c’est aussi parce qu’Ousmane Sonko a fait le choix de porter sa candidature.
Donc, venir dire aujourd’hui : « Je ne dois rien à Ousmane Sonko », c’est tout simplement de l’ingratitude.

Quatrième point : je vous ai aussi entendue dire que vous ne pouvez pas trahir le Président de la République parce qu’il a toujours été votre ami et que, pour cette raison, vous ne pouvez qu’être à ses côtés.
Ma sœur Ndeye Fatou, j’ai vraiment l’impression que vous ne comprenez pas la différence entre une relation amicale et des convictions politiques.
L’amitié, c’est une chose. Les convictions politiques, c’en est une autre.
Moi-même qui vous parle, j’ai des amis dans votre camp. Je respecte leurs positions, ils respectent les miennes, et nous gardons de très bonnes relations. Mais jamais notre amitié ne m’a poussée à renier mes convictions.
Prenez l’exemple de Samba Dang. Apparemment, il est même plus proche du Président que vous ne l’êtes. Il est allé jusqu’à lui donner le nom de son fils. Et pourtant, lorsque votre mentor a choisi son camp, Samba Dang est resté constant dans ses convictions.
C’est justement cela que vous semblez ne pas comprendre : on peut être l’ami de quelqu’un sans épouser ses choix politiques.
Alors, assumez simplement votre choix. Vous avez choisi vos privilèges. Ne venez pas nous expliquer que vous avez fait ce choix uniquement parce que vous ne vouliez pas « trahir » votre ami, devenu aujourd’hui votre nouveau mentor.
Et surtout, épargnez-nous les références permanentes à vos grands-parents, Seutou Mbour… pour justifier votre honneur.
L’honneur, ce n’est pas simplement un héritage familial. L’honneur, c’est aussi ce que chacun construit par ses propres actes.
Donc, de grâce, arrêtez de nous servir à chaque fois : « Je suis la petite-fille de Sambata Ndiaye. »

Et il faut rappeler une chose essentielle : notre combat n’a jamais été un combat pour des postes politiques.
Nous nous sommes battus pour un idéal. Pour combattre un système. Pour la bonne gouvernance. Pour que les deniers publics soient protégés et que ceux qui les ont pillés rendent des comptes. Pour que justice soit rendue aux victimes, notamment à toutes celles et ceux qui ont perdu la vie ou ont été emprisonnés entre 2021 et 2024.
Nous nous sommes aussi battus pour un véritable projet de développement, notamment l’industrialisation, la transformation de notre économie et la construction des bases d’un développement durable et structuré.
Voilà pourquoi nous nous sommes battus. Pas pour des postes. Pas pour des privilèges.
Et aujourd’hui, il est inconcevable pour moi d’accepter le recyclage du système que nous avons combattu pendant toutes ces années.
Nous ne nous sommes pas battus pour revenir au pouvoir et reproduire ce que nous dénoncions hier.
Jamais nous ne serons de ce côté-là. Jamais nous n’accepterons cela.
Parce qu’accepter aujourd’hui ce que nous combattions hier, ce serait non seulement perdre notre dignité et trahir nos convictions, mais aussi trahir la mémoire de toutes celles et tous ceux qui se sont battus, parfois au prix de leur vie et de leur liberté, pour que nous puissions un jour accéder…

Aïcha Sagne:
Ex-PCS de l’ASEPEX

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