Ils vous envoient des demandes d’amis. Vous les acceptez. Et dès lors, ils deviennent vos ombres.
Quelle que soit la page que vous ouvrez, ils sont là. Invisibles, silencieux, mais toujours présents.
Sur leurs profils, quelques photos, parfois aucune. Certains sont pourtant très actifs sur leur propre page.
Mais chez vous, rien.
Pas un commentaire. Pas un « J’aime ». Pas un partage. Pas même un petit signe de vie.
Ils regardent tout. Ils lisent tout. Ils savent tout. Mais ils ne laissent jamais de traces.
Et puis, un beau jour, vous les croisez dans la rue.
« Ah, j’ai vu ta dernière photo ! Tu étais à Saint-Louis, non ? Et ton voyage à Paris, c’était comment ? »
La surprise….
Ils connaissent vos déplacements,votre travail, vos vacances, vos activités.
La série télévisée au complet.
Ce sont les fantômes de Facebook.
Des spectateurs clandestins de nos existences. Des amis sans amitié apparente. Des regards sans visage.
Il y a aussi ceux qui ne vous aiment pas pour une raison ou une autre ou peut être même ignorent pourquoi ils ont de l’apathie envers vous.
Vous êtes le centre de leur « haine » et vous êtes peut être même coupable.
Ils ne vous parlent jamais, mais ils savent presque tout de vous.
Et parfois, ceux qui ne vous adressent jamais un mot sur Facebook sont précisément ceux qui vous observent le plus.
Ombres, fantômes et autres créatures du net.
Et le plus étrange, c’est qu’ils ne sont peut-être pas les seuls à nous observer.
Nous sommes peut-être, nous aussi, les fantômes de quelqu’un.
Pape Armand Boye
