POUR 20 000 FCFA, TU EFFACES UN SÉNÉGALAIS DU REGISTRE DES NAISSANCES, TU INSCRIS UN AUTRE NOM ET TU FAIS DE LUI UN APATRIDE DANS SON PROPRE PAYS .

Il perd sa carte d’identité, ne peut plus composer aux examens et voit ses diplômes antérieurs compromis. Tu détruis son existence administrative, hypothèques son avenir. Celui qui se livre à une telle pratique est un criminel qui doit répondre de ses actes devant la justice. Aucune complaisance, aucune indulgence.

Comment expliquer une telle légèreté dans la gestion de notre état civil ? En juillet 2026, des jeunes n’ont pas pu composer au baccalauréat à cause de ces pratiques malsaines. Qui contrôle nos registres ? Qui répond des substitutions de noms ? Et pourquoi les victimes devraient-elles porter seules le poids de ces fraudes ?

Parlons maintenant des cartes de séjour. Au Gabon, la carte coûte plus de 500 000 FCFA et son renouvellement 150 000 FCFA tous les deux ans, sans compter les justificatifs, les démarches et les tracasseries administratives.
Au Cameroun, la carte de séjour des ressortissants africains est soumise à une taxe de 150 000 FCFA pour deux ans. En Guinée équatoriale, en Mauritanie, en Libye et dans bien d’autres pays, les étrangers sont également soumis à des formalités et à des règles de séjour.

Pourquoi ce qui relève de la souveraineté des autres États deviendrait-il de la xénophobie dès que le Sénégal entend faire respecter ses propres règles ? Le Sénégal serait-il le seul pays africain qui n’aurait pas le droit de réglementer le séjour sur son territoire ?

Notre pays est une terre d’accueil. Il a reçu des milliers d’Africains, des étudiants, des travailleurs et des personnes qui ont fui les persécutions, notamment celles liées au régime de Sékou Touré et aux sévices du camp Boiro. Cette tradition d’hospitalité nous honore. Mais elle ne saurait justifier le mépris de nos institutions ni l’abandon de notre souveraineté.

À Dakar, des vagues de mendiants occupent anarchiquement l’espace public, parmi lesquels des femmes enceintes et des enfants exposés à des conditions indignes. Dès que le gouvernement tente d’assainir les rues, les discours venimeux se multiplient. Des individus insultent nos autorités et nos chefs religieux, comme si le pays qui les accueille n’avait plus le droit de faire respecter ses règles.

Le président guinéen Mamadi Doumbouya a fait rapatrier plus de 900 ressortissants sierra-léonais en situation irrégulière. Pourquoi cette prérogative serait-elle admise ailleurs et contestée lorsqu’il s’agit du Sénégal ?

Un ami camerounais m’a confié qu’en huit années d’études à Dakar, personne ne lui avait demandé ses papiers dans la rue, alors qu’au Cameroun, il était contrôlé au moins deux fois par mois. Ce témoignage illustre une réalité que nous ne devons pas occulter , le Sénégal a longtemps fait preuve d’une grande tolérance envers ses hôtes. Mais la tolérance n’est pas une obligation de renoncer à l’autorité de l’État.

Notre hymne national proclame :
– Debout, frères, voici l’Afrique rassemblée !
Nous croyons à une Afrique une et indivisible. Cette fraternité n’abolit ni les États, ni les lois, ni les droits des peuples à préserver leur identité, mais commande le respect mutuel, non l’impunité.

Tout Africain a le droit de vivre au Sénégal, dans le respect des lois. Il ne doit pas acheter une identité sénégalaise pour y trouver sa place. Une identité frauduleusement acquise ne lui appartiendra jamais ; elle aura été obtenue au détriment d’un frère sénégalais.

Nous voulons que nos frères Africains puissent vivre paisiblement au Sénégal, que les règles de séjour soient respectées et que les fraudeurs répondent de leurs actes. Et que nul ne puisse vendre l’identité d’un Sénégalais, effacer son nom des registres et le condamner à devenir un apatride dans son propre pays.

CAF Collocaterre

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