Burkina : La famille de Sankara sous la pression de Ibrahim Traore

Le détachement rhétorique de 2026 s’inscrit dans une histoire plus ancienne, et plus dure pour la famille Sankara, celle de la réinhumation de février 2023.

Le gouvernement décide alors que les restes de Thomas Sankara et de ses douze compagnons, assassinés le 15 octobre 1987, seront réinhumés au Conseil de l’Entente, le lieu même de leur assassinat.

La famille s’y oppose frontalement, pour elle, ce choix équivaut à une « seconde mort ».

Dès le 27 janvier 2023, la famille propose trois lieux alternatifs le cimetière de Dagnoën, le jardin de l’Amitié, le jardin Yennenga. Aucun n’est retenu.

Le 5 février, elle publie un communiqué dénonçant une décision imposée « sans discussion consensuelle » et annonce qu’elle boycottera les cérémonies.

Le gouvernement affirme pourtant qu’un consensus a été trouvé avec les familles, une version que la famille Sankara qualifie de « contre-vérité », accusant l’État de vouloir les « écraser par la force de la puissance publique ».

Les parents de Thomas Sankara disent n’avoir reçu ni réponse ni audience du capitaine Traoré, malgré leurs démarches.

Le 16 février, ultime tentative, un appel solennel demandant une grâce présidentielle. Sans effet.

Le 23 février 2023, la cérémonie a lieu comme prévu. Mariam Sankara et ses deux fils, Philippe et Auguste, n’y assistent pas.

Leur absence, largement relayée, est la manière la plus visible dont la famille a signifié son désaccord, sans jamais soutenir, pour autant, le régime qui organisait la cérémonie en son nom.

Aga Géopolitique

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