Le tribunal de Paris a rejeté l’intégralité des demandes de blocage formulées contre le site nonmacky.org au Poste de SG ONU

Le 9 septembre 2026 le Tribunal judiciaire de Paris, selon la procédure accélérée au fond, a été saisie d’une demande d’injonction visant à ordonner le blocage de l’accès au site internet nonamacky.org sur le territoire français.

Le demandeur soutenait que ce site portait atteinte à sa réputation en diffusant des contenus diffamatoires et en violant son droit à l’image

Le tribunal a rejeté l’intégralité des demandes de blocage formulées contre le site par un ancien président aujourd’hui candidat au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

Les défendeurs et intermédiaires techniques:
Cloudflare, société américaine fournissant l’hébergement et les services de réseau de distribution de contenu (CDN) au site litigieux

Les principaux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) français: Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free, sollicités pour exécuter un éventuel blocage.

Les auteurs du site: Une initiative citoyenne présentée comme une coalition de défenseurs des droits de l’homme, d’experts juridiques et de citoyens opposés à la nomination de Macky Sall à l’ONU

Le Tribunal judiciaire de Paris.

Les motifs de la plainte :
À la suite du dépôt de sa candidature à l’ONU en mars 2026, le site nonamacky.org a lancé une campagne affichant le message « Macky Sall est inapte au poste de secrétaire général de l’ONU », avec sa photo barrée d’un tampon.

Le site recense des allégations de répressions violentes (65 morts lors de manifestations), de corruption (\$7B+ de dette cachée) et d’atteintes à la liberté de la presse survenues sous sa présidence.

L’ homme d’État sénégalais, ayant exercé les fonctions de Président de la République du Sénégal de 2012 à 2024, pour reprendre les termes de la décision estimait que ces accusations et l’usage de sa photographie portaient une atteinte grave et illicite à sa réputation et à son image.

Les motifs du rejet par le tribunal :

Sur la compétence du juge français: Bien que le défendeur soit américain et le demandeur résident au Maroc, le tribunal s’est déclaré compétent car la version française du site incitait directement les internautes à contacter le représentant de la France aux Nations Unies.

Sur la diffamation : Le juge a relevé que les accusations de répressions ou de corruption visent de manière générale les « forces de sécurité », « l’État » ou « l’administration », et ne sont pas imputées à la personne même de Macky Sall. La qualification d’« inapte » constitue une critique politique et un jugement de valeur.

Sur le droit à l’image : La publication de la photo s’inscrit dans le cadre du droit à l’information du public et du débat d’intérêt général entourant une figure publique candidate à de hautes fonctions internationales.

L’action s’est appuyée sur l’article 6-3 de la Loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), qui permet de prescrire des mesures pour prévenir ou faire cesser un dommage causé par un service de communication en ligne. Nous avons au Sénégal des dispositin de la même nature.

Le juge a appliqué un contrôle de proportionnalité entre le dommage allégué et la préservation de la liberté d’expression et d’information (article 10 de la CEDH).

Estimant qu’aucun dommage illicite caractérisé ne justifiait une mesure d’interdiction de diffusion, le tribunal a débouté Macky Sall.

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