Dès sa prise de fonction, l’actuel ministre de la Communication a semblé tout mélanger, mettant dans un même seau les torchons, les paillassons, les serviettes et les serpillières. Il ne savait manifestement ni par où commencer ni où s’arrêter.
En prenant ses fonctions, il devait pourtant avoir connaissance du dossier de la RTS, relativement simple à comprendre. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, avait annulé le décret accordant aux travailleurs de la RTS certains privilèges que la « racine du mal » avait instaurés.
Sur le plan financier, cette faveur, chiffrée en milliards, n’était soutenable ni pour la RTS ni pour les finances publiques. Aujourd’hui, l’annulation de ce décret oppose les syndicalistes de la maison à la direction de la RTS.
Les syndicalistes accusent la direction de la Chaîne nationale d’être à l’origine de cette annulation, alors qu’il n’en serait rien.
Au lieu de faire pression sur le président de la République, ils s’acharnent contre le directeur général de la RTS, qui tente pourtant de redresser l’entreprise et dont les efforts auraient déjà produit des résultats.
*Une intervention mal préparée*
Novice dans la gestion de son ministère et manifestement en situation d’errance, Bacary Sarr a reçu les syndicalistes de la RTS et leur a promis de résoudre leurs problèmes, sans avoir suffisamment appréhendé les tenants et les aboutissants du dossier.
Cette démarche constitue une grave erreur politique et administrative. Elle a renforcé la détermination des syndicalistes, davantage mobilisés pour obtenir le rétablissement des avantages financiers qu’ils revendiquent.
La consultation du ministre n’aurait pas respecté l’ordre hiérarchique. Il aurait dû entendre au préalable le directeur général de la RTS avant de recevoir les syndicalistes, qui auraient ainsi pu lui présenter une lecture partiale du dossier.
Après son entretien avec la direction de la RTS, le ministre Sarr aurait finalement constaté que la solution dépendait étroitement de la soutenabilité budgétaire nécessaire pour satisfaire les revendications syndicales.
*Le pompier devenu pyromane*
Désormais, après ses errements, le ministre de la Communication semble contraint de composer avec une crise qu’il a contribué à amplifier. En voulant jouer le rôle du pompier, il aurait finalement alimenté l’incendie social.
Son intervention expose davantage une direction qui ne dispose pas du pouvoir de rétablir seule l’accord sur les privilèges réclamés par les travailleurs depuis trois ans. La RTS ne peut en effet décider unilatéralement d’une mesure dont les conséquences financières relèvent d’arbitrages gouvernementaux et budgétaires.
La leçon est claire : dans une crise administrative, promettre avant d’avoir instruit le dossier ne permet pas d’éteindre l’incendie ; cela risque au contraire de transformer le pompier en pyromane.
