« Je m’adresse au peuple brésilien et à la communauté internationale en tant que président élu du Brésil.
Je tiens tout d’abord à remercier le président Javier Milei pour son courage, son sens de la justice et son respect du droit, ainsi que le président Donald Trump et le peuple américain pour leur accueil. Les États-Unis sont une terre de liberté, dont les valeurs sont partagées par des millions de Brésiliens.
Lundi soir, j’ai assisté avec horreur à une fraude électorale. Une intervention illégitime de la justice a rendu possible ce qui était mathématiquement impossible, permettant à Lula de gagner plus de dix millions de voix entre les deux tours.
Une décision de dernière minute du Tribunal suprême fédéral a prolongé les horaires de vote, soumettant les électeurs à des règles différentes. À cela s’ajoutent les abus de pouvoir politique et économique ainsi que l’utilisation de l’appareil d’État au profit de Lula, autant de pratiques qui justifient l’annulation de son élection.
La réaction du régime a été immédiate. Sept minutes seulement après cette fraude, un juge impliqué dans un scandale de corruption a déclenché contre moi la machine de la persécution politique.
Je n’avais aucune intention de quitter ma patrie. Mais je connais les méthodes de ces régimes : c’est le manuel classique du coup d’État.
La persécution qui a commencé contre mon père, l’ancien président Jair Bolsonaro, et qui s’est étendue à des milliers de patriotes brésiliens, poursuit un seul objectif : réduire au silence tous ceux qui refusent de se soumettre à un système judiciaire devenu l’instrument d’une organisation criminelle.
Je tiens à être clair : aucun mandat d’arrêt n’a été délivré contre moi, car je n’ai commis aucun crime. Il s’agit d’une chasse aux sorcières politique destinée à me prendre en otage et à protéger des juges corrompus.
Je refuse de soumettre ma famille à cette persécution. J’ai donc quitté le Brésil pour pouvoir continuer à défendre mon pays librement.
Je remercie une nouvelle fois le président Trump et le gouvernement américain de leur accueil. Emprisonné, censuré et réduit au silence comme mon père, je n’aurais pas pu exercer le rôle que mon peuple m’a confié.
L’histoire nous enseigne que l’exil n’est pas une capitulation. Rui Barbosa a poursuivi son combat pour la liberté depuis l’étranger. Charles de Gaulle a dirigé la France libre depuis Londres. María Corina Machado est devenue un symbole de résistance face à la persécution politique.
Tous ont été traités comme des criminels par les régimes qu’ils combattaient. L’Histoire leur a donné raison.
À mes 60 millions d’électeurs et à l’ensemble du peuple brésilien, je le répète : je suis le président élu du Brésil. Ceux qui ont volé cette élection ont instauré une véritable tyrannie.
Je ne vous abandonnerai pas. Je serai votre voix libre et continuerai à diriger notre combat pour la démocratie, les droits de l’homme et la liberté.
J’appelle les institutions brésiliennes à mettre fin à cette folie. Notre pays est plongé dans le chaos judiciaire, la corruption et la persécution politique. L’opposition vit dans la peur et la famille d’un ancien président est traitée comme un ennemi de l’État.
Aux sénateurs, députés et gouverneurs que j’ai contribué à faire élire, ainsi qu’à Rogério Marinho, je dis : je sais que vous ne disposez plus de la liberté nécessaire pour vous exprimer. Je dirai ce que vous ne pouvez pas dire et prendrai les risques que vous ne pouvez pas prendre.
À tous ceux qui ont voté pour moi et rêvent de changement : nous ne sommes ni vaincus ni seuls.
Notre combat ne s’est pas terminé le 25 octobre. Il ne prendra fin que lorsque le Brésil sera redevenu un pays libre.
Et ce jour viendra.
Que Dieu bénisse le Brésil ! »
Le Monde Juif .info
