COUPURES D’ÉLECTRICITÉ 𝗨𝗡 𝗣𝗔𝗬𝗦 𝗔𝗨𝗦𝗦𝗜 𝗥𝗜𝗖𝗛𝗘 𝗘𝗡 𝗥𝗘𝗦𝗦𝗢𝗨𝗥𝗖𝗘𝗦 𝗡𝗘 𝗗𝗘𝗩𝗥𝗔𝗜𝗧 𝗣𝗔𝗦 𝗠𝗔𝗡𝗤𝗨𝗘𝗥 𝗗’É𝗡𝗘𝗥𝗚𝗜𝗘 !PAR MAMADOU DJIGO

Un pays qui dispose du 𝗽é𝘁𝗿𝗼𝗹𝗲, du 𝗴𝗮𝘇, de la 𝘁𝗼𝘂𝗿𝗯𝗲, de la 𝗯𝗶𝗼𝗺𝗮𝘀𝘀𝗲, de l’𝘂𝗿𝗮𝗻𝗶𝘂𝗺, des 𝗮𝗹𝗶𝘇é𝘀 𝗺𝗮𝗿𝗶𝘁𝗶𝗺𝗲𝘀, de 𝗳𝗹𝗲𝘂𝘃𝗲𝘀, de l’O𝗰é𝗮𝗻 𝗔𝘁𝗹𝗮𝗻𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 et d’un potentiel 𝘀𝗼𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲 exceptionnel, donc d’un éventail considérable de sources d’énergie, ne devrait pas connaître des difficultés persistantes d’approvisionnement en électricité, en carburant et en gaz domestique.

Nous disposons également de la Société africaine de raffinage (𝗦𝗔𝗥) et de plusieurs centrales thermiques, solaires, hydroélectriques et éoliennes. Nous produisons désormais du pétrole et du gaz depuis près de deux ans.

𝗔𝗹𝗼𝗿𝘀, 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘅𝗽𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲𝗿 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝘂𝗽𝘂𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗱é𝗹𝗲𝘀𝘁𝗮𝗴𝗲𝘀 ?

C’est 𝐢𝐧𝐚𝐝𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞, 𝗶𝗻𝗮𝗰𝗰𝗲𝗽𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 et surtout 𝗶𝗻𝗰𝗼𝗺𝗽𝗿é𝗵𝗲𝗻𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲 de ne pas garantir aux Sénégalais-es une énergie abondante, disponible, accessible et à un prix abordable.

Il faut se rappeler d’où nous venons. En 2012, le président Macky SALL a trouvé un parc électrique d’environ 854 MW de puissance installée. En 2024, il a laissé un parc porté à près de 1 904 MW, soit plus du double de la capacité installée en douze ans. S𝗮 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 é𝗻𝗲𝗿𝗴é𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗲 𝘀𝗲 𝗹𝗶𝗺𝗶𝘁𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 à 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹’é𝗹𝗲𝗰𝘁𝗿𝗶𝗰𝗶𝘁é. E𝗹𝗹𝗲 𝘃𝗶𝘀𝗮𝗶𝘁 𝗹’𝗮𝗰𝗰è𝘀 𝘂𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗲𝗹, 𝗹’𝗮𝗰𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁é é𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝗹’𝗮𝗺é𝗹𝗶𝗼𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗿è𝘁𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝘃𝗶𝗲.

Son objectif n’était pas simplement de mettre de la lumière dans les foyers, il voulait permettre aux artisans de travailler, aux femmes de disposer d’équipements électriques, aux enfants d’étudier dans de meilleures conditions et aux populations des zones les plus reculées d’ouvrir une fenêtre sur le monde.

En mars 2012, le taux d’électrification rurale était de 25 %. Il avait atteint 63 % en avril 2024, au moment de son départ, grâce notamment au déploiement simultané du réseau classique et des solutions off-grid, notamment solaires.

Voilà la différence entre avoir une ressource et avoir une politique énergétique. Une politique énergétique ne consiste pas seulement à extraire du pétrole et du gaz. Elle consiste à transformer nos ressources en électricité, en carburant, en gaz domestique, en industrie, en emplois et en compétitivité.

Aujourd’hui, alors que le Sénégal dispose de nouvelles ressources pétrolières et gazières, les coupures d’électricité sont particulièrement difficiles à comprendre.

Les signaux étaient verts au départ de Macky Sall. Aujourd’hui, ils virent au rouge.

Et lorsqu’un pays dispose de tels atouts énergétiques mais peine encore à assurer une fourniture électrique régulière, il est légitime de s’interroger sévèrement sur la gouvernance, l’anticipation, la maintenance, la sécurisation du combustible, les investissements et le pilotage du secteur.

Ma conclusion, en tant que développeur de territoires, est simple, ils sont incompétents. Ils n’ont ni vision, ni projet pour le développement du pays. Et surtout, quand il n’y a plus d’électricité, tous les autres secteurs s’arrêtent : l’industrie, l’agriculture, les services, le commerce, l’artisanat… toute l’économie est paralysée.

Ce n’est plus une question de ressources. C’est une question de gouvernance, de transformation, de disponibilité, de gestion et de vision. Malheureusement pour les Sénégalais-es, ces gens n’ont pas le niveau !

Le Sénégal ne peut pas être un pays qui produit du pétrole et du gaz, dispose du soleil, du vent, de l’eau et de centrales électriques, mais demande encore à ses citoyens de supporter les coupures.

𝙈𝙖𝙢𝙖𝙙𝙤𝙪 𝘿𝙅𝙄𝙂𝙊
Ingénieur Aménageur, Géostratège et Développeur de Territoires
Ancien Directeur général de l’Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire
Administrateur du Bureau international d’études et de conseils T&D
Secrétaire national chargé de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation de l’Alliance Pour la République (APR)

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