Celle qui avait 13 ans au moment des faits qu’elle dénonçait a retiré sa plainte en février 2025. Elle pointe du doigt le rôle de ses anciens avocats dans cette affaire.
« Il n’y a rien de vrai dans mes actions contre M. Carter. » Dans une déclaration de 12 pages adressée au tribunal fédéral de Manhattan, la femme qui accusait Jay-Z – Shawn Carter à l’état civil – de viol, a publiquement reconnu jeudi que ses allégations étaient fausses
Tout commence fin 2024, retrace le magazine Rolling Stone, qui a eu accès au document. La plaignante, selon son récit, voit circuler sur Facebook un appel à témoignages. Sont recherchées des victimes potentielles de violences sexuelles commises par Sean Combs, autre rappeur-producteur connu sous le nom de P. Diddy.
« Cette annonce a ravivé le souvenir d’un viol que j’ai subi à l’âge de 13 ans », rembobine celle qui était mannequin à l’adolescence. Elle remplit alors un formulaire et est contactée par le cabinet de Tony Buzbee, représentant de plusieurs victimes présumées de Sean Combs.
En octobre de cette année, une plainte en son nom est déposée contre P. Diddy. Le rappeur est accusé d’avoir violé la plaignante avec un autre homme lors d’une soirée organisée à la suite des MTV Video Music Awards, en 2000. Le crime aurait été commis sous l’œil d’une célébrité dont l’identité n’est pas non plus révélée. La fausse victime affirme que la démarche est effectuée à son insu par ses conseils sans que ceux-ci n’aient mené d’enquête ou vérifié ses antécédents. Ce n’est qu’en décembre que Jay-Z est présenté comme le deuxième auteur du viol.
« Traumatisme »
Les charges contre les deux rappeurs sont finalement abandonnées en février 2025, après plusieurs semaines houleuses. De quoi déclencher l’ire de Tony Buzbee. L’avocat affirme que le chanteur et ses représentants ont « harcelé » et « menacé » à plusieurs reprises « cette pauvre femme », « essayant de l’intimider et de la pousser à se rétracter ».
Dans un communiqué de son label, Jay-Z qualifie le retrait de la plainte de « victoire », évoquant des allégations « frivoles, fictives et épouvantables ». « Le traumatisme que ma femme, mes enfants, mes proches et moi-même avons subi ne pourra jamais être ignoré », ajoute l’époux de la chanteuse Beyoncé. Une plainte est déposée contre l’ex-mannequin pour fausse dénonciation et contre son ancien avocat.
« Je comprends que ma fausse accusation a causé à M. Carter une immense douleur, souffrance, et un préjudice irréparable », admet l’ex-plaignante, assurant n’avoir perçu aucune somme d’argent pour retirer ses accusations ni subi aucune intimidation.
« Notre cliente maintient avoir été victime d’agression sexuelle, mais elle s’est totalement trompée en identifiant M. Carter, et ses accusations étaient fausses », a déclaré James Blair Newman Jr., le nouvel avocat de l’intéressée, auprès de Rolling Stone.
Jay-Z a décidé de mettre fin à la procédure enclenchée à l’encontre de cette femme. Il maintient en revanche sa plainte contre le cabinet de Tony Buzbee. À Rolling Stone, le conseil déclare : « Nous avons plusieurs avocats (au moins quatre) qui ont traité le dossier de Mme Doe (le pseudonyme donné à la plaignante) bien avant qu’elle ne me rencontre. Elle a donné exactement la même version des faits à chacun d’eux. Si, pour une raison ou une autre, elle prétend maintenant avoir menti à nous et au tribunal, il s’agit d’une information nouvelle ».
L’artiste accusait également Tony Buzbee d’extorsion, ce dernier lui ayant – selon lui – envoyé une lettre de rançon en novembre 2024, avant que son nom ne soit publiquement ajouté au dossier. La justice a débouté Jay-Z, estimant que la lettre de mise en demeure était protégée car envoyée en prévision d’une action en justice.
S’il est innocent dans cette affaire, P. Diddy a écopé en octobre 2025 d’une peine de plus de quatre ans de prison pour des crimes liés à la prostitution. Il est actuellement en détention dans le New Jersey et a demandé à une cour d’appel d’annuler sa peine
Le Parisien
